Histoire de la faiencerie
1821 : Héritage
La Faïencerie de Gien a été créée en 1821 à Gien dans le Val de Loire, au cœur de la France.
Le XIXème siècle donne naissance à de nombreux sites de productions, héritiers des céramistes des siècles passés. Son histoire bicentenaire est attachée au nom de son créateur, l’anglais Thomas Hall. Hall s’installe à Gien et achète l’enclos et les bâtiments du couvent des Minimes situés sur les bords de Loire.
A cette époque, la ville de Gien possède plusieurs atouts : c’est un carrefour commercial important, la ville regorge de matières premières (argiles, sables, cailloux siliceux de Loire) et surtout la Loire permet l’acheminement du bois des forêts d’Orléans pour les fours de cuisson.
1821-1850 : LES PREMIERS PAS
Ces années voient l’émergence d’une faïence blanche aux formes octogonales et au modelé sophistiqué, évoquant la précision et l’éclat des pièces d’orfèvrerie. Cette période se distingue également par l’apparition des premières assiettes à thème, qui traduisent le raffinement du goût et la richesse culturelle de leur époque, affirmant déjà la singularité et l’excellence de la Manufacture.
1850-1914 : l'âge d'or
À la fin du XIXᵉ siècle, la Faïencerie de Gien affirme son audace créative.
S’inspirant des grandes traditions – de Rouen à Marseille, de la Renaissance à l’Empire ottoman – la Manufacture enrichit son répertoire de pièces décoratives et de services de table d’exception.
Collaborations avec artistes et graveurs, innovations techniques et artistiques lui valent de prestigieuses distinctions aux Expositions universelles. Gien poursuit alors son ascension, offrant aux grandes familles d’Europe des créations personnalisées, symbole d’un art de vivre raffiné.
1918-1984 : la parenthèse
La première moitié du XXème siècle connait d’importants bouleversements sociaux, économiques et politiques. La Manufacture cherche à conserver la place acquise et à ne pas sombrer dans la tourmente de l’époque.
A partir de 1945 un nouvel ordre mondial est posé. Dans les décennies qui suivent Gien poursuit la modernisation de l’outil de production par la construction de fours tunnel (les plus grands d’Europe) et par l’achat de nouvelles machines.
Dans les années 1970, la Faïencerie de Gien doit faire face à une forte concurrence italienne et portugaise. L’Europe se trouve inondée par des produits bas de gamme.
Toujours dynamique, la Manufacture accentue la production de carreaux. Le partenariat avec le groupe Harmonic permet à Gien de participer à de grands projets architecturaux au travers d’ensembles immobiliers à décorer.
A partir de 1980, la Manufacture souffre d’une baisse d’activité qui la contraint à se restructurer.
1984-2014 : le second souffle
En 1984, la Faïencerie de Gien connait un nouveau souffle.
Elle propose une nouvelle gamme de produits (pièces peintes à la main, numérotées à tirage limitée), un musée est créé.
Des noms célèbres s’associent à Gien : Paco Rabanne, Garouste et Bonetti, Andrée Putman, Patrick Jouin, Isabelle de Borchgrave… pour concevoir des nouveautés et magnifier la Faïence.
Depuis 2014 : le rebond
Depuis 2014, Yves de Talhouët reprend la Manufacture de Gien. Un homme passionné, convaincu par le patrimoine exceptionnel, l'excellence du savoir-faire et la notoriété de la Faïencerie de Gien, décide de perpétuer la tradition et d’explorer de nouvelles voies en valorisant la création contemporaine et en mettant en place une nouvelle politique de distribution à l’export.
En 2025, Pascal Cagni reprend la manufacture de la faïencerie de Gien, s’inscrivant dans la continuité de son histoire tout en ouvrant un nouveau chapitre pour cette maison emblématique du patrimoine céramique français.
Aujourd’hui, plus que jamais la Faïencerie de Gien s’inscrit dans un programme d’excellence. Membre du prestigieux Comité Colbert qui regroupe les grandes marques françaises du luxe, elle est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant.
Les femmes et les hommes de la Manufacture sont résolument tournés vers l’avenir pour réinventer la Faïence fine de demain tout en s’appuyant sur ses racines bicentenaires.
Relief emblématique du Pont aux Choux
La forme Pont aux Choux renvoie à la manufacture éponyme créée en 1748 à Paris. Elle a été bâtie Boulevard St Antoine (actuel bd Beaumarchais) sur d’anciens fossés devenus maraîchers, où l’on cultivait des choux pour alimenter la population parisienne. L’accès à ces cultures se faisait par un pont d’où le nom de Pont-aux-Choux. C’est en 1819 que Thomas Hall, fondateur de la Manufacture de Gien, acquiert Pont-aux-Choux et récupère le fameux motif “grain de riz”, qu’elle a créé au 18ème siècle.
La finesse de la pâte permet de réaliser des pièces emblématiques aux reliefs extrêmement fins : des volutes et des godrons en tourbillons, des boutons de couvercles en forme d’artichauts et le célèbre motif du semis de grains de riz.
Une couleur iconique
C’est en 1872 que le nom de la Faïencerie est associé à une couleur : le bleu. A cette époque, la plupart des faïenciers et porcelainiers trempent leur pinceau dans cette teinte azurée : ce qu’illustrent les bleus de Sèvres ou de Nevers en France, ou celui de Delft aux Pays-Bas. La teinte giennoise est signée du céramiste blésois Adrien Thibault (1844-1918), qui la met au point pour son décor “Renaissance bleu”, inspiré de l’Italie du XVe siècle.
On retrouve le bleu de Gien, ou bleu Renaissance, dans des créations contemporaines. En 2015, apparaît le vase Pivoines bleues, une version monochrome du célèbre décor Pivoines de 1875, aux opulentes fleurs multicolores. En 2016, sort la collection Indigo : la céramiste Brigitte de Bazelaire a détourné le service de table Rouen 32 dans lequel elle mangeait, petite. En 2023, c’est le créateur Jean-Charles de Castelbajac qui se plonge dans le bleu de Gien avec le décor L’Archipel Sentimental, l’idée étant de pouvoir créer des ponts entre passé et présent, en mélangeant ce décor contemporain avec les décors historiques de Gien, comme le Pivoines Bleues, les Filets bleu ou encore Les Dépareillées Bleu.


